Le secteur du bâtiment dans une situation « extrêmement préoccupante »

20 septembre 2023 à 12h11 - Modifié : 20 septembre 2023 à 12h15 par Jules Scheuer

Le secteur du bâtiment s'apprête à traverser une crise importante.

Crédit : Pexels

À l’occasion d’une conférence de presse organisée le 19 septembre dans les locaux bas-rhinois de la Fédération Française du Bâtiment, les différents acteurs du secteur se sont réunis pour tirer un constat alarmant sur une crise déjà annoncée.

« Un drame social est en train de s’ajouter à un drame économique ». C'est avec ces mots que Jean Cagnina, président de la FFB Bas-Rhin, a ouvert la conférence de presse dans les locaux de sa fédération. Elle s’est déroulée en présence des présidents de la CPME, de la CCI, de la Chambre de Métiers d’Alsace, mais aussi de divers élus, dont le député Vincent Thiebaut et le sénateur Claude Kern. Tous étaient présents pour partager ou entendre les premiers signes d’une catastrophe à venir pour le secteur du bâtiment. 


Une dégringolade des volumes de vente


Cette conférence de presse s’est tenue à la suite d’un constat alarmant. « La construction neuve est quasiment à l’arrêt depuis le début de cette année », constate le président de la FFB Bas-Rhin. En effet, la situation du logement en France se dégrade fortement depuis quelques temps. Une donnée facilement observable en Alsace. À Strasbourg, il y a eu 430 ventes de maisons neuves en 2023, soit 68% de moins qu’en 2017, ou encore 48% de moins qu’en 2019, dernière donnée en date de la période d’avant-covid. Pire, à Haguenau, depuis le début de l’année, seules 20 ventes ont été recensées. Un chiffre dix fois plus faible que durant les années 2017 à 2019. 


Les personnes présentes ce mardi 19 septembre ont prévenu leur auditoire : « Quand le bâtiment va mal, tout va mal ». Pour cause, cet effondrement progressif qui n’en est encore qu’à ses débuts pourrait entraîner la perte de 150 000 emplois à l’horizon 2025 sur le territoire. En Alsace, 2 500 emplois pourraient ainsi être menacés d’ici à la fin de l’année. « Bientôt, le secteur du bâtiment ne sera plus un secteur d’emploi en tension », assène Jean Cagnina.


Le pouvoir d'achat a perdu du terrain


Le mal-être du secteur du bâtiment peut s’expliquer de beaucoup de manières différentes. C’est en réalité un tout qui a effrité petit à petit ses fondations. Hausse du prix des matériaux, décisions politiques en défaveur de la construction de logements neufs ou bien sûr l’explosion des taux de prêts immobiliers... « Un budget de 300 000 euros l’année dernière équivaut aujourd’hui à un budget de 220 000 euros. On a perdu 80 000 euros de pouvoir d’achat dans le logement », déplore Franck Maire, membre du bureau de la CCI Alsace.


Des mesures ont été demandées au gouvernement


Plusieurs sollicitations auprès des pouvoirs publics ont déjà été faites plus tôt cette année. Le 19 avril dernier, à l’occasion de sa visite de l’entreprise Mathis à Muttersholtz, le Président de la République avait été interpellé par courrier. En novembre 2022, le Président de la CCI avait également tenté d’alerter Olivier Klein, Ministre délégué à la ville et au logement. « Nous n’avons pas été entendus, nous avons fait des propositions », affirme le président de la FFB. Pour réussir à inverser cette tendance, plusieurs mesures ont été demandées par le secteur du batiment : le retour du « prêt à taux zéro », le retour de la loi Pinel 2012, la mise en œuvre d’un statut de bailleur privé ou encore un assouplissement du ZAN, un objectif Zéro Artificialisation Nette, rendant ainsi les terrains constructibles plus "rares"… Le 19 avril au soir, le député Vincent Thiebaut rencontrait justement le ministre du logement, pour lui remonter à nouveau ces demandes et lui faire part de cette situation inquiétante.


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