Bas-Rhin : un bon bilan pour la sécurité routière

18 janvier 2023 à 14h51 - Modifié : 18 janvier 2023 à 15h14 par Sebastien Ruffet

Gendarmes
Les opérations de contrôle se sont multipliées en 2022
Crédit : @Top Music - SR

Avec "seulement" 31 morts sur les routes, le Bas-Rhin affiche son plus faible total depuis 50 ans.

Ce sont des chiffres étonnants, dans le bon sens du terme. Après des années marquées par le Covid, on pouvait presque logiquement s'attendre à retrouver un niveau d'accidentologie plus élevé. Ce n'est pas tout à fait le cas, mais on peut donner deux lectures aux chiffres communiqués par la Préfecture. D'abord, le nombre de morts est en effet au plus bas. 31, c'est toujours trop, mais c'est  beaucoup moins que les 42 victimes de 2021 et 2019 (2020 n'est pas une année de comparaison, en raison des confinements). Le nombre d'accidents, en revanche, repart à la hausse : 683 contre 622 en 2021 (mais 796 en 2019). 

Sans surprise, les principales raisons sont la vitesse, l'inattention (le téléphone au volant notamment) ou encore le non respect des priorités. L'alcool est lui responsable de 9% des accidents corporels. 

A noter qu'avec 149 accidents - pour 6 morts - les deux-roues motorisés représentent 19% des tués sur la route. 

Cela dit, ces chiffres cachent aussi l'énorme travail réalisé par les gendarmes sur les routes du Bas-Rhin. Quelques 34 500 contrôles ciblés ont ainsi été réalisés, avec un "taux de réussite" impressionnant, puisqu'ils ont débouché sur 19 000 infractions graves susceptibles de générer des accidents graves. Et ce n'est pas un hasard. Le Colonel Eric Facomprez, commandant en second du peloton de gendarmerie du Bas-Rhin l'a expliqué : "Ces contrôles sont de plus en plus ciblés : être au bon endroit, au bon moment, aux bons horaires, ce qui explique pourquoi le nombre de verbalisation a été très élevé. On a fait des études horaires, géographiques pour identifier les axes avec le plus d'accidents. On sait aussi les endroits et les horaires où il y a de la vitesse ou de l'alcoolémie : sortie des repas de midi, ou le soir en sortie d'after ou de bar." Une stratégie qui semble porter ses fruits. 

A noter que la grande majorité des accidents ont lieu sur le réseau secondaire, sur les trajets du quotidien, où la vigilance se relâche.


Ce qu'ils en disent

Josiane Chevalier, préfète du Bas-Rhin : 

"Cette année, des résultats très satisfaisants, avec une baisse de 11 morts par rapport à l'année précédente. 31 morts, c'est toujours 31 morts de trop, ce sont des drames humains et familiaux qui sont derrière. La politique de contrôle va continuer à s'intensifier. La gendarmerie a réalisé plus de 30 000 contrôles en 2022, mais je fais appel aussi à la responsabilité de chacun sur la route, et ces résultats sont aussi à l'actif des personnes qui deviennent plus prudentes, qui savent que les sanctions sont là - financières et en nombres de points. J'espère que 2023 affichera aussi de bons résultats. Je reste très vigilante. Les accidents restent très nombreux sur nos routes, et les causes restent les mêmes : l'alcool, la vitesse, le téléphone portable. Rien n'est acquis. Les contrôles vont continuer, parce que les contrôles ont aussi une vocation pédagogique.

Eric Lemoine, capitaine commandant en second de l'escadron départemental de sécurité routières du Bas-Rhin :

"On peut avoir des excès de vitesse de 200 à 250km/h, essentiellement des véhicules étrangers de grosse cylindrée. Là, c'est immobilisation du véhicule, rétention du permis. Dans ces cas là, les militaires sont en poste, ils attendent le signalement et ils sont prêts à intervenir. Il n'y a pas de graduation de vitesse, le but est d'aller chercher le véhicule en sécurité. La prise de risque est minime, contrôlée. On intervient en sécurité. Si on ne peut pas rattraper le véhicule, l'information est donnée pour pouvoir l'intercepter un peu plus haut. Quoi qu'il arrive, il sera rattrapé, ou identifié, et une procédure sera menée. Pour les contrôles, on va identifier sur certains éléments comme une surcharge d'un véhicules, un enfant pas à sa place... Le premier message, c'est de respecter le code de la route. En le respectant, on a beaucoup moins d'accidents ! On ne fait pas systématiquement des campagnes de verbalisation. On va essayer d'expliquer aussi quels types d'infraction on a pu relever.